La véritable histoire de la tampographie…

Grâce à une découverte archéologique récente, nous sommes en mesure de faire remonter l’apparition de la tampographie aux temps préhistoriques.

Son inventeur, AAARGH, jeune demoiselle australopithèque de bonne naissance découvrit cette technique de marquage lorsque, déroutée par un geste déplacé de GRUUUNT, bel adolescent bien bâti, elle lui asséna sur le crane un bon coup de sa massue de cuisine avec laquelle elle broyait quelques racines, (certains, bien placés, y voient d’ailleurs l’ancêtre du rouleau à pâtisserie).

Le choc provoqua, outre une expression de surprise et un cri perçant (quelques uns y voient également l’invention de l’expression orale), l’apparition, sous la couche de manioc, d’une excroissance aussi énorme que douloureuse et une coloration bleutée à tendance violacée du plus bel effet.

Interloqué et quelque peu stupéfait, GRUUUNT, après une interruption involontaire de ses capacités intellectuelles, se devait d’améliorer la technique.

N’ayant rien sous la main qu’un peu de terre ocre détrempée, souvenir de sa sieste impromptue, il l’appliqua violemment de haut en bas sur la peau tendre de sa douce amie, laissant ainsi une marque colorée somptueuse (d’aucuns, bien informés, y verraient en outre l’invention de la cosmétique moderne).

On peut en conclure que les traces de mains ocres, noires ou rouges laissées au fond de certaines cavernes résultent d’une part d’un moratoire prolongé sur les armes de coloration massive, et d’autre part d’une volonté délibérée de tester les limites de la tampographie.

Le peuple civilisé que nous somme, ayant délibérément tourné le dos aux gestes déplacés ainsi qu’à la masse de cuisine, se devait d’améliorer l’invention.

Remarquant la relative fragilité des contenants actuels, loin de valoir, il faut bien le reconnaître, la robustesse de la boite crânienne de GRUUUNT ou la solidité de la peau d’AAARGH, leurs descendants adoptèrent le silicone moulé en lieu et place de la masse ou de la main. La fermeté non dénuée de douceur de ce matériau, très prisée également dans d’autres domaines cosmétiques, permit ainsi d’étendre les capacités de cette technique.

Ainsi, au lieu de voir le crane, pardon, l’objet, s’adapter à la forme de la masse, c’est le tampon qui se conforme maintenant au volume. Il existe donc plusieurs formes de base, de dureté variable, moulées en fonction de la silhouette de l’objet à décorer.

L’objet à marquer n’étant pas irrigué, il devint nécessaire de prévoir l’ajout d’un composant dont la couleur varie au choix du client. Ce qui est heureux. La généralisation à grande échelle d’une couleur bleue, même violacée, ou d'une teinte ocre deviendrait vite monotone, voire lassante.

Il est également possible, moyennant l’ajout d’autres tampons, de déposer plusieurs couleurs sur l’objet. Le progrès est en marche, AAAARGH et GRUUUNT seraient fiers de nous !